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- Choisir les bonnes variétés de tomates
- Préparer le sol avant de planter
- Quand et comment planter les tomates
- L’arrosage : ni trop, ni trop peu
- La taille et le palissage des tomates
- Fertiliser pour obtenir des fruits de qualité
- Les maladies et ravageurs les plus courants
- Le mildiou
- La tomate et les pucerons
- Les nématodes
- La mosaïque du tabac
- Les associations bénéfiques au jardin
- Récolter et conserver ses tomates
La tomate est sans doute le légume le plus cultivé dans les jardins français.
Chaque printemps, des millions de jardiniers amateurs recommencent le même rituel : acheter des plants, préparer la terre, planter, arroser, et espérer.
Pourtant, obtenir de belles tomates charnues, bien colorées et savoureuses ne s’improvise pas.
Entre les maladies, les ravageurs, les caprices du climat et les erreurs de culture, beaucoup se retrouvent avec des récoltes décevantes.
Avec les bons gestes et un minimum de connaissances, il est tout à fait possible de tirer le meilleur de ses plants et de remplir ses paniers de tomates dont on peut être fier.
Choisir les bonnes variétés de tomates
Tout commence par le choix des variétés. C’est une étape que beaucoup négligent en se contentant de prendre ce qui est disponible en jardinerie. Or, toutes les tomates ne se comportent pas de la même façon selon le climat, le type de sol ou l’utilisation que vous souhaitez en faire.
On distingue principalement deux grands types de plants :
- Les variétés déterminées : elles poussent jusqu’à une certaine hauteur puis s’arrêtent. Idéales pour les petits espaces ou les cultures en pot.
- Les variétés indéterminées : elles continuent de pousser tout au long de la saison. Elles produisent plus longtemps mais nécessitent un tuteurage solide.
Parmi les variétés les plus appréciées des jardiniers français, on trouve :
- La Marmande : une valeur sûre, charnue et peu juteuse, parfaite pour les salades.
- La Cœur de Bœuf : grosse, sucrée, avec peu de graines. Un classique des jardins du Sud.
- La Cerise : productive, résistante, idéale pour les enfants et les apéritifs.
- La Green Zebra : une variété ancienne originale, striée de vert et de jaune, au goût légèrement acidulé.
- La San Marzano : allongée, peu aqueuse, parfaite pour les sauces et les conserves.
Si vous habitez dans une région au climat frais ou pluvieux, privilégiez des variétés résistantes aux maladies fongiques comme le mildiou. Certaines variétés hybrides modernes ont été spécialement sélectionnées pour cela.
Préparer le sol avant de planter
La tomate est une plante gourmande. Elle a besoin d’un sol riche, bien drainé et légèrement acide, avec un pH idéal compris entre 6 et 6,8. Un sol trop compact, trop argileux ou trop pauvre donnera des plants chétifs et des fruits de mauvaise qualité.
Voici comment préparer correctement votre sol :
- Décompactez la terre en profondeur, au moins 30 à 40 cm, avec une fourche-bêche.
- Incorporez du compost mûr ou du fumier bien décomposé, à raison d’environ 3 à 5 kg par mètre carré.
- Ajoutez de la corne broyée ou un engrais organique riche en azote pour favoriser le démarrage.
- Vérifiez le pH avec un testeur disponible en jardinerie. Si la terre est trop acide, ajoutez de la chaux agricole.
La rotation des cultures est essentielle. Ne replantez jamais des tomates au même endroit deux années de suite. Attendez au moins trois ans avant de revenir sur la même parcelle. Cela permet d’éviter l’accumulation de maladies et de parasites spécifiques aux solanacées dans le sol.
Quand et comment planter les tomates
En France, la période de plantation varie selon les régions. Dans le Sud, on peut planter dès la mi-avril. Dans le Nord et les zones à risque de gelée tardive, mieux vaut attendre la mi-mai, voire la fin mai. La règle de base : la tomate ne supporte pas le gel. Attendez que les nuits soient durablement au-dessus de 10°C avant de mettre vos plants en terre.
Pour la plantation :
- Creusez un trou profond, suffisamment large pour accueillir le système racinaire.
- Enterrez le plant jusqu’aux premières feuilles. Les poils sur la tige vont se transformer en racines supplémentaires, ce qui renforcera le plant.
- Espacez les plants d’au moins 60 à 80 cm sur le rang, et prévoyez 80 cm à 1 mètre entre les rangs.
- Arrosez abondamment après la plantation, puis attendez quelques jours avant de reprendre les arrosages réguliers.
L’arrosage : ni trop, ni trop peu
L’arrosage est probablement le point sur lequel les jardiniers débutants font le plus d’erreurs. La tomate a besoin d’eau de façon régulière, mais elle déteste les excès d’humidité et les variations brusques.
Un arrosage irrégulier est la première cause de l’éclatement des fruits et de la nécrose apicale, ce point noir qui apparaît au bas des tomates et qui est souvent confondu avec une maladie alors qu’il s’agit d’un trouble physiologique lié à un manque de calcium, lui-même causé par des arrosages trop irréguliers.
Quelques règles simples à respecter :
- Arrosez à la base du plant, jamais sur les feuilles. L’humidité sur le feuillage favorise le développement du mildiou.
- Arrosez de préférence le matin.
- En plein été, un plant adulte en pleine terre peut nécessiter 2 à 3 litres d’eau par jour par temps chaud.
- Le paillage au pied des plants est fortement recommandé. Il conserve l’humidité du sol, régule la température et limite la pousse des mauvaises herbes. Utilisez de la paille, du foin, des feuilles mortes ou du broyat de bois.
La taille et le palissage des tomates
Pour les variétés indéterminées, la taille est indispensable. Sans elle, le plant part dans tous les sens, produit beaucoup de feuillage mais peu de fruits, et s’épuise prématurément.
L’opération principale est l’ébourgeonnage, aussi appelé suppression des gourmands. Les gourmands sont ces petites pousses qui apparaissent à l’aisselle des feuilles, entre la tige principale et une tige secondaire. Si on les laisse pousser, ils deviennent de nouvelles tiges qui concurrencent la plante.
La méthode la plus courante chez les jardiniers expérimentés est de conduire le plant sur une seule tige, en supprimant tous les gourmands dès qu’ils apparaissent, de préférence quand ils mesurent encore moins de 5 cm. Certains jardiniers préfèrent laisser deux tiges, ce qui augmente légèrement la production mais demande plus d’espace.
Pour le tuteurage, plusieurs options existent :
- Les tuteurs en bambou ou en métal : simples et efficaces pour les petits jardins.
- Les cages à tomates : pratiques pour les variétés déterminées.
- Les fils de palissage tendus entre des poteaux : idéal pour les grandes cultures.
Attachez le plant au tuteur avec une ficelle souple en faisant un nœud en forme de huit pour ne pas blesser la tige.
Fertiliser pour obtenir des fruits de qualité
Une fois les plants bien installés, une fertilisation régulière fait toute la différence. La tomate a des besoins nutritifs importants et évolutifs selon les stades de croissance.
| Stade de croissance | Besoin principal | Engrais recommandé |
|---|---|---|
| Démarrage et croissance végétative | Azote (N) | Ortie fermentée, corne broyée |
| Floraison | Phosphore (P) | Guano, os de poisson |
| Fructification | Potassium (K) | Cendres de bois, engrais tomates |
Le purin d’ortie est un fertilisant naturel très apprécié des jardiniers bio. Dilué à 10 % dans l’eau d’arrosage, il stimule la croissance et renforce les défenses naturelles des plants. Évitez les excès d’azote en période de fructification, au risque d’obtenir des plants trop verts avec peu de fruits.
Les maladies et ravageurs les plus courants
Même avec tous les soins du monde, les tomates restent exposées à certaines maladies et attaques de ravageurs. Mieux vaut les connaître pour les identifier rapidement et agir avant que les dégâts ne soient trop importants.
Le mildiou
C’est la maladie la plus redoutée des cultivateurs de tomates. Causée par le champignon Phytophthora infestans, elle se manifeste par des taches brunes sur les feuilles, puis sur les tiges et les fruits. Elle se développe par temps chaud et humide. La bouillie bordelaise, à base de sulfate de cuivre, reste le traitement préventif le plus utilisé, y compris en agriculture biologique.
La tomate et les pucerons
Les pucerons s’installent sur les jeunes pousses et sous les feuilles. Ils affaiblissent le plant et transmettent des virus. Un jet d’eau puissant peut en éliminer une grande partie. Le savon noir dilué est très efficace en traitement naturel.
Les nématodes
Ces petits vers microscopiques s’attaquent aux racines et provoquent des galles. La rotation des cultures et l’association avec des œillets d’Inde plantés en bordure permettent de les repousser naturellement.
La mosaïque du tabac
Ce virus, transmis par les mains ou les outils contaminés, provoque des déformations et des marbrures sur les feuilles. Il n’existe pas de traitement curatif. La prévention passe par la désinfection des outils et l’hygiène au jardin.
Les associations bénéfiques au jardin
La culture associée est une technique ancienne qui consiste à planter certaines espèces ensemble pour qu’elles se protègent mutuellement ou s’entraident. Pour les tomates, quelques associations sont particulièrement efficaces :
- Basilic : l’association tomate-basilic n’est pas qu’une affaire culinaire. Le basilic repousse certains insectes nuisibles et améliorerait le goût des tomates selon de nombreux jardiniers.
- Œillets d’Inde : leurs racines sécrètent des substances qui repoussent les nématodes.
- Persil : attire les insectes auxiliaires prédateurs de pucerons.
- Carottes : leurs racines ameublissent le sol en profondeur, ce qui profite aux tomates.
En revanche, évitez de planter des tomates à proximité du fenouil, qui inhibe la croissance de nombreuses plantes, ou d’autres solanacées comme les poivrons et les aubergines, qui partagent les mêmes maladies et ravageurs.
Récolter et conserver ses tomates
Une tomate se récolte quand elle a atteint sa pleine couleur caractéristique et qu’elle cède légèrement sous la pression du doigt. Inutile de la laisser trop longtemps sur le plant : une tomate trop mûre attire les guêpes, les limaces et favorise les maladies.
Si les premières gelées arrivent et que vous avez encore des tomates vertes sur le plant, ne les jetez pas. Cueillez-les et disposez-les en une seule couche dans une caisse, à température ambiante, à l’abri de la lumière directe. Elles mûriront progressivement en quelques jours à quelques semaines.
Pour la conservation longue durée, plusieurs méthodes s’offrent à vous : la congélation après blanchiment, la préparation de coulis ou de sauces en bocaux stérilisés, ou encore le séchage au four ou au soleil pour les variétés charnues comme la San Marzano. Une bonne récolte peut ainsi se déguster tout au long de l’hiver.
