Afficher Masquer le sommaire
- Les différentes variétés de chou et leurs spécificités de semis
- Les termes importants à connaître avant de semer
- Le semis en godets ou en caissettes
- La levée
- Le repiquage
- Le durcissement ou l’acclimatation
- L’éclaircissage
- Quand semer les choux : un calendrier à adapter à sa région
- Le matériel et le substrat : des bases souvent sous-estimées
- Les étapes du semis en godets, pas à pas
- Étape 1 : Préparer les godets
- Étape 2 : Placer les graines
- Étape 3 : Couvrir et placer au chaud
- Étape 4 : Surveiller la levée
- Étape 5 : Éclaircir
- Étape 6 : Repiquer en pot intermédiaire si nécessaire
- Les erreurs fréquentes et comment les éviter
- La protection des jeunes plants après la plantation
Le chou fait partie de ces légumes qu’on retrouve dans presque tous les potagers français, et pour cause : il est robuste, nourrissant, et se décline en dizaines de variétés.
Pourtant, beaucoup de jardiniers débutants se retrouvent face à des plants chétifs, des semis ratés ou des têtes qui ne se forment jamais correctement.
La plupart du temps, le problème vient non pas de la plante elle-même, mais d’un mauvais départ : un semis mal conduit, une date ratée, ou des termes techniques mal compris.
Voici ce qu’il faut vraiment savoir pour réussir ses semis de chou, du début jusqu’au repiquage.
Les différentes variétés de chou et leurs spécificités de semis
Avant même de parler de technique, il faut savoir que le terme chou regroupe des plantes très différentes les unes des autres. Toutes appartiennent à la famille des Brassicacées (anciennement Crucifères), mais leurs cycles de culture varient sensiblement.
- Le chou pommé (chou blanc, chou rouge, chou de Milan) : c’est le plus classique, celui qui forme une tête compacte. Il existe des variétés hâtives, mi-saison et tardives.
- Le chou-fleur : plus exigeant que les autres, il supporte mal les écarts de température et demande un sol riche et une humidité constante.
- Le brocoli : plus souple à cultiver, il tolère mieux la chaleur et peut se semer en deux périodes dans l’année.
- Le chou de Bruxelles : il a besoin d’un long cycle de culture, souvent de cinq à six mois. On le sème tôt, généralement en mars ou avril.
- Le chou kale : très tendance depuis quelques années, il est aussi l’un des plus faciles à cultiver et supporte bien le gel.
- Le chou-rave : on consomme son renflement de tige, pas sa tête. Il se sème directement en place ou en godets.
Chaque variété a ses propres exigences en matière de période de semis, de température de germination et de durée de culture. C’est pourquoi il est indispensable de lire attentivement les indications sur le sachet de graines avant de commencer.
Les termes importants à connaître avant de semer
Quand on lit les guides de jardinage ou les notices sur les sachets de graines, on tombe souvent sur des mots qui peuvent prêter à confusion. En voici les principaux, expliqués simplement.
Le semis en godets ou en caissettes
Le semis en godets consiste à placer une ou deux graines dans un petit contenant individuel rempli de terreau de semis. C’est la méthode recommandée pour les choux, car elle limite le traumatisme des racines au moment du repiquage. La caissette, elle, est un bac plus grand dans lequel on sème plusieurs graines en rangs. Les plantules sont ensuite repiquées individuellement quand elles ont atteint une certaine taille.
La levée
La levée désigne le moment où la plantule perce la surface du sol. Pour les choux, la levée intervient généralement entre cinq et dix jours après le semis, selon la température. En dessous de 10°C, la germination est très lente, voire nulle. La température idéale se situe entre 15 et 20°C.
Le repiquage
Le repiquage est l’opération qui consiste à transplanter une jeune plantule depuis son contenant de semis vers un pot plus grand ou directement en pleine terre. Pour les choux, on repique généralement quand la plantule possède deux à quatre vraies feuilles. Attention à ne pas confondre les premières feuilles qui apparaissent à la levée — les cotylédons — avec les vraies feuilles, qui viennent ensuite et ressemblent déjà à des feuilles de chou.
Le durcissement ou l’acclimatation
Avant de planter définitivement des choux en pleine terre, il faut les durcir, c’est-à-dire les habituer progressivement aux conditions extérieures. On les sort quelques heures par jour pendant une à deux semaines, en commençant par des endroits abrités. Cette étape est souvent négligée, et c’est une erreur : des plants qui passent brutalement d’une serre chauffée à un jardin exposé au vent risquent de souffrir et de stagner.
L’éclaircissage
Quand on sème plusieurs graines dans un même godet ou en pleine terre, il arrive que plusieurs plantules lèvent en même temps. L’éclaircissage consiste à supprimer les plants les plus faibles pour ne garder que le plus vigoureux. On ne les arrache pas, on les coupe au ras du sol avec des ciseaux pour ne pas endommager les racines du plant conservé.
Quand semer les choux : un calendrier à adapter à sa région
Il n’existe pas de date universelle pour semer les choux. Tout dépend de la variété choisie, du climat local et de la période de récolte souhaitée. Voici un tableau récapitulatif des grandes périodes de semis selon les types de chou :
| Variété | Période de semis | Plantation en place | Récolte |
|---|---|---|---|
| Chou pommé hâtif | Février à mars (sous abri) | Avril à mai | Juin à juillet |
| Chou pommé tardif | Avril à mai | Juin à juillet | Octobre à décembre |
| Chou-fleur | Mars à avril (sous abri) | Mai à juin | Août à octobre |
| Brocoli | Mars à juillet | Mai à août | Juillet à novembre |
| Chou de Bruxelles | Mars à avril | Mai à juin | Octobre à février |
| Chou kale | Avril à juillet | Juin à août | Octobre à mars |
Dans les régions au climat plus froid comme l’Alsace, les Alpes ou le Massif Central, il vaut mieux décaler les semis de deux à trois semaines et privilégier les abris. Dans le Sud de la France, on peut au contraire anticiper légèrement les semis printaniers.
Le matériel et le substrat : des bases souvent sous-estimées
Un bon semis commence par un bon substrat. Le terreau de semis est différent du terreau classique : il est plus fin, plus léger et pauvre en nutriments. Ce dernier point peut surprendre, mais les jeunes plantules n’ont pas besoin d’un sol très riche au départ. Trop de nutriments peut même brûler les radicelles et freiner la germination.
Pour le matériel, voici ce dont vous aurez besoin :
- Des godets ou une caissette de semis : en plastique recyclé ou en tourbe biodégradable, les deux fonctionnent bien.
- Du terreau de semis : évitez le terreau universel pour cette étape.
- Un vaporisateur : pour humidifier le substrat sans le détremper ni déplacer les graines.
- Un film plastique ou un couvercle transparent : pour maintenir l’humidité et la chaleur pendant la germination.
- Des étiquettes : indispensables si vous semez plusieurs variétés en même temps.
Les étapes du semis en godets, pas à pas
Une fois le matériel réuni, voici comment procéder concrètement pour semer des choux en godets.
Étape 1 : Préparer les godets
Remplissez les godets de terreau de semis légèrement humidifié jusqu’à environ un centimètre du bord. Tassez très légèrement sans comprimer.
Étape 2 : Placer les graines
Déposez deux graines par godet, à environ un centimètre de profondeur. Les graines de chou sont petites mais pas minuscules : on peut les manipuler facilement avec les doigts ou une pince à bout fin. Recouvrez avec un peu de terreau et vaporisez légèrement.
Étape 3 : Couvrir et placer au chaud
Couvrez les godets avec un film plastique ou placez-les dans une mini-serre de germination. Installez-les dans un endroit chaud : sur un rebord de fenêtre exposé au sud, dans une véranda ou sur un tapis chauffant si vous en avez un. La température idéale pour la germination des choux est de 18 à 22°C.
Étape 4 : Surveiller la levée
Vérifiez l’humidité chaque jour et vaporisez si nécessaire. Dès que les premières plantules apparaissent, retirez le couvercle ou le film pour éviter les maladies fongiques comme la fonte des semis, causée par des champignons qui prolifèrent dans les milieux trop humides et confinés.
Étape 5 : Éclaircir
Quand les plantules ont leurs premiers cotylédons bien développés, supprimez le plant le plus faible dans chaque godet. Gardez uniquement le plus vigoureux.
Étape 6 : Repiquer en pot intermédiaire si nécessaire
Si les conditions météo ne permettent pas encore une plantation en pleine terre, vous pouvez repiquer les plants dans des pots de 8 à 10 cm de diamètre avec du terreau universel. Cela leur permet de développer un système racinaire plus solide avant la plantation définitive.
Les erreurs fréquentes et comment les éviter
Même avec les meilleures intentions, certaines erreurs reviennent régulièrement chez les jardiniers qui débutent avec les choux.
- Semer trop profond : une profondeur d’un centimètre suffit. Au-delà, la graine peine à percer la surface.
- Arroser trop copieusement : le substrat doit être humide, pas détrempé. Un excès d’eau favorise la fonte des semis et asphyxie les racines.
- Négliger la lumière après la levée : une fois germés, les plants ont besoin d’un maximum de lumière. Un manque de lumière produit des plants filiformes, c’est-à-dire étirés et fragiles, qu’on appelle aussi des plants étiolés.
- Planter trop tôt en pleine terre : un sol encore froid ralentit considérablement la reprise. Mieux vaut attendre que la température du sol dépasse 10°C en continu.
- Oublier la rotation des cultures : les choux ne doivent pas être plantés au même endroit que d’autres Brassicacées pendant au moins trois ans, pour éviter l’accumulation de maladies comme la hernie du chou, causée par le champignon Plasmodiophora brassicae.
La protection des jeunes plants après la plantation
Une fois les plants en place, le travail n’est pas terminé. Les choux sont particulièrement appréciés par certains ravageurs qu’il faut surveiller dès le départ.
La piéride du chou (Pieris brassicae) pond ses œufs sur les feuilles, et ses chenilles peuvent dévaster un plant en quelques jours. Le filet anti-insectes est la solution la plus efficace et la plus respectueuse de l’environnement pour s’en protéger. Les altises, ces petits coléoptères noirs qui criblèrent les feuilles de trous minuscules, sont aussi un problème fréquent sur les jeunes plants. Là encore, le filet fait ses preuves.
Les limaces sont particulièrement actives par temps humide et peuvent détruire de jeunes plants en une nuit. Des granulés à base de phosphate ferrique, autorisés en agriculture biologique, constituent une protection efficace sans danger pour la faune auxiliaire du jardin.
Enfin, pensez à butter les plants quelques semaines après la plantation, c’est-à-dire à ramener de la terre au pied de chaque plant. Cette opération favorise l’enracinement et améliore la stabilité des plants, qui peuvent atteindre une taille importante selon les variétés.
