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- Comprendre le romarin avant de le planter
- Planter le romarin : les bonnes conditions pour qu’il prospère
- L’exposition et le sol
- La plantation en pleine terre
- La culture en pot ou en jardinière
- L’entretien du romarin au fil des saisons
- L’arrosage
- La taille
- La fertilisation
- La multiplication par bouturage
- Les utilisations gourmandes et originales du romarin
- L’huile aromatisée au romarin
- Le sel aromatisé au romarin
- Le sirop de romarin
- Le beurre composé au romarin
- Le vinaigre aromatisé au romarin
- Le romarin en dessert
- Les autres usages du romarin hors de la cuisine
- Le romarin dans la maison
- Le romarin pour les soins capillaires
- Le romarin au jardin comme plante compagne
- Conserver le romarin pour en profiter toute l’année
Le romarin pousse au bord des chemins de Provence depuis des siècles, résistant à la sécheresse, au vent, au calcaire.
Pourtant, beaucoup de jardiniers le regardent encore comme une simple herbe à mettre sur l’agneau du dimanche.
C’est dommage, parce que cette plante a bien plus à offrir que ça.
Que vous ayez un grand jardin, une terrasse ou même un rebord de fenêtre ensoleillé, le romarin s’adapte avec une facilité déconcertante.
Et une fois que vous aurez compris comment le cultiver correctement et l’utiliser de façon originale, vous ne le verrez plus jamais de la même façon.
Comprendre le romarin avant de le planter
Le romarin, dont le nom scientifique est Salvia rosmarinus (anciennement Rosmarinus officinalis), appartient à la famille des Lamiacées. C’est une plante méditerranéenne qui aime par-dessus tout le soleil et les sols bien drainés. Elle supporte mal les excès d’eau, surtout en hiver, et préfère largement un sol pauvre et calcaire à une terre riche et humide.
Il existe plusieurs variétés de romarin, et le choix de la variété a son importance selon l’usage que vous souhaitez en faire :
- Rosmarinus officinalis ‘Prostratus’ : une variété rampante, idéale pour les rocailles ou les jardinières suspendues.
- Rosmarinus officinalis ‘Tuscan Blue’ : une variété droite et vigoureuse, très parfumée, parfaite pour la cuisine.
- Rosmarinus officinalis ‘Arp’ : plus résistante au froid, elle peut tolérer des températures descendant jusqu’à -15°C.
- Rosmarinus officinalis ‘Miss Jessopp’s Upright’ : une variété élancée, souvent utilisée en haie basse ou en bordure.
Avant de planter, il vaut mieux savoir ce que vous voulez faire de votre romarin. Pour un usage culinaire intensif, choisissez une variété très parfumée. Pour décorer un muret ou une rocaille, optez pour la variété rampante. Pour une haie aromatique, les variétés dressées sont plus adaptées.
Planter le romarin : les bonnes conditions pour qu’il prospère
L’exposition et le sol
Le romarin réclame un minimum de six heures d’ensoleillement par jour. C’est non négociable. À l’ombre, il survit mais ne développe pas ses huiles essentielles correctement, ce qui appauvrit son parfum et ses propriétés. Côté sol, il lui faut un substrat léger, perméable et légèrement alcalin. Si votre terre est argileuse et compacte, mélangez-la avec du sable grossier et du gravier avant de planter.
La plantation en pleine terre
La période idéale pour planter le romarin en pleine terre se situe au printemps, après les dernières gelées, ou en début d’automne pour lui laisser le temps de s’enraciner avant l’hiver. Creusez un trou deux fois plus large que la motte, incorporez un peu de sable si le sol est lourd, et installez la plante sans enterrer le collet. Arrosez une fois à la plantation, puis laissez la nature faire son travail.
La culture en pot ou en jardinière
Le romarin se plaît très bien en pot ou en jardinière, à condition de respecter quelques règles. Choisissez un contenant avec des trous de drainage suffisants et disposez une couche de billes d’argile ou de gravier au fond. Utilisez un mélange de terreau pour plantes méditerranéennes et de sable. En pot, le romarin sèche plus vite qu’en pleine terre : surveillez l’humidité du substrat en enfonçant le doigt sur deux centimètres. S’il est sec, arrosez. S’il est encore frais, attendez.
L’entretien du romarin au fil des saisons
L’arrosage
Une fois bien installé, le romarin est une plante très résistante à la sécheresse. En pleine terre, les arrosages sont rares voire inutiles en dehors des périodes de plantation. En pot, un arrosage modéré tous les dix à quinze jours en été suffit généralement. L’ennemi numéro un du romarin, c’est l’excès d’eau. Un sol détrempé en hiver peut provoquer la pourriture des racines et tuer la plante en quelques semaines.
La taille
Tailler le romarin est essentiel pour éviter qu’il ne se lignifie trop rapidement et ne perde ses feuilles à la base. Effectuez une taille légère après la floraison, généralement au printemps, en supprimant le tiers supérieur des tiges. Évitez de couper dans le vieux bois, car le romarin repousse difficilement à partir des parties très ligneuses. Une taille régulière maintient la plante compacte et stimule la production de nouvelles pousses tendres et parfumées.
La fertilisation
Le romarin n’est pas gourmand. Un apport annuel de compost mature au printemps est largement suffisant. Évitez les engrais azotés qui favorisent une croissance rapide au détriment du parfum. Trop nourrir le romarin, c’est paradoxalement l’appauvrir aromatiquement.
La multiplication par bouturage
Le bouturage est la méthode la plus simple et la plus fiable pour multiplier le romarin. Au printemps ou en été, prélevez des tiges semi-ligneuses de dix à quinze centimètres, retirez les feuilles du tiers inférieur et plantez-les dans un mélange de sable et de terreau. Maintenez le substrat légèrement humide et placez les boutures dans un endroit lumineux mais sans soleil direct. Les premières racines apparaissent généralement en trois à six semaines.
Les utilisations gourmandes et originales du romarin
L’huile aromatisée au romarin
Faire sa propre huile infusée au romarin est d’une simplicité désarmante et le résultat est bien supérieur à ce qu’on trouve en grande surface. Remplissez un bocal propre et sec de brins de romarin frais légèrement écrasés entre les doigts pour libérer les huiles essentielles. Couvrez d’huile d’olive de bonne qualité et laissez infuser à température ambiante pendant deux à trois semaines, à l’abri de la lumière. Filtrez ensuite et conservez dans une bouteille en verre foncé. Cette huile est parfaite pour les marinades, les vinaigrettes, les pâtes ou simplement pour tremper du bon pain.
Le sel aromatisé au romarin
Le sel au romarin est un condiment maison qui surprend toujours agréablement. Mixez ensemble du gros sel de mer et des feuilles de romarin séchées jusqu’à obtenir une texture homogène. Vous pouvez ajouter du zeste de citron, de l’ail séché ou du thym pour varier les parfums. Ce sel se conserve plusieurs mois dans un bocal hermétique et remplace avantageusement le sel ordinaire sur les viandes grillées, les légumes rôtis ou les pommes de terre au four.
Le sirop de romarin
Moins connu que le sirop de lavande ou de menthe, le sirop de romarin mérite pourtant une place dans votre cuisine. Faites chauffer à feu doux 200 g de sucre et 200 ml d’eau jusqu’à dissolution complète du sucre. Ajoutez quatre à cinq brins de romarin frais, retirez du feu et laissez infuser vingt minutes. Filtrez et conservez au réfrigérateur jusqu’à trois semaines. Ce sirop est délicieux dans une limonade maison, dans un cocktail sans alcool, sur une panna cotta ou même mélangé à du yaourt nature.
Le beurre composé au romarin
Le beurre au romarin est un classique qui ne se démode pas. Ramollissez du beurre de qualité à température ambiante, incorporez des feuilles de romarin finement ciselées, du sel, un peu d’ail haché et éventuellement du zeste de citron. Formez un boudin dans du film alimentaire et placez au congélateur. Découpez des rondelles selon vos besoins : une tranche posée sur un steak chaud, sur des légumes vapeur ou sur des pommes de terre en robe des champs fait toute la différence.
Le vinaigre aromatisé au romarin
Comme pour l’huile, le romarin s’infuse très bien dans le vinaigre de vin blanc ou de cidre. Placez quelques brins dans une bouteille, couvrez de vinaigre et laissez macérer deux semaines. Le résultat est un vinaigre aromatique idéal pour les vinaigrettes, les marinades ou pour déglacer une poêle après une cuisson de viande.
Le romarin en dessert
Oui, le romarin peut entrer dans des préparations sucrées, et l’association surprend souvent ceux qui n’y ont jamais goûté. Essayez d’infuser quelques brins de romarin dans une crème chaude destinée à une crème brûlée : le résultat est subtil et élégant. Le romarin se marie aussi très bien avec les agrumes dans un sorbet citron-romarin, avec le chocolat noir dans des truffes, ou avec les poires pochées dans un sirop épicé.
Les autres usages du romarin hors de la cuisine
Le romarin dans la maison
Les Anciens brûlaient du romarin pour purifier l’air des habitations. Sans aller jusque-là, sachez que quelques brins de romarin séché placés dans un sachet en tissu repoussent efficacement les mites dans les placards et les tiroirs. Son parfum puissant agit comme un répulsif naturel, sans les substances chimiques des produits industriels.
Le romarin pour les soins capillaires
L’huile essentielle de romarin est reconnue pour ses propriétés stimulantes sur le cuir chevelu. Une infusion concentrée de romarin utilisée comme dernier rinçage après le shampooing est une pratique ancienne qui stimule la circulation sanguine locale et donne de la brillance aux cheveux bruns et châtains. Il suffit de faire bouillir une poignée de feuilles fraîches dans un litre d’eau pendant dix minutes, de laisser refroidir et de filtrer avant utilisation.
Le romarin au jardin comme plante compagne
Le romarin est un excellent compagnon de jardin. Son parfum fort repousse de nombreux insectes nuisibles comme les pucerons, les aleurodes ou les chenilles. Planté à proximité des choux, des carottes ou des haricots, il réduit les attaques parasitaires. Ses fleurs, qui apparaissent dès la fin de l’hiver dans les régions douces, attirent les abeilles et les bourdons à une période où les sources de nourriture sont encore rares pour les pollinisateurs.
Conserver le romarin pour en profiter toute l’année
La conservation du romarin ne pose aucune difficulté. La méthode la plus simple consiste à faire sécher les tiges coupées, suspendues tête en bas dans un endroit sec, aéré et à l’abri de la lumière. Une fois sèches, les feuilles se détachent facilement et se conservent plusieurs mois dans un bocal en verre hermétique. Le romarin se congèle aussi très bien : placez les brins entiers dans un sac congélation et prélevez ce dont vous avez besoin directement sans décongélation préalable. Vous pouvez congeler les feuilles ciselées dans des bacs à glaçons avec un peu d’eau ou d’huile d’olive, ce qui facilite leur utilisation en cuisine.
| Méthode de conservation | Durée de conservation | Avantages |
|---|---|---|
| Séchage à l’air libre | 6 à 12 mois | Simple, économique, parfum concentré |
| Congélation en brins | 6 à 8 mois | Rapide, préserve la couleur et le goût frais |
| Congélation dans l’huile | 3 à 6 mois | Pratique pour la cuisine, prêt à l’emploi |
| Infusion dans l’huile d’olive | 2 à 3 mois | Double usage : conservation et aromatisation |
Le romarin est l’une de ces plantes qui récompensent généreusement le peu d’attention qu’on lui accorde. Une fois planté dans de bonnes conditions, il devient presque autonome, offrant ses feuilles parfumées tout au long de l’année. Apprendre à l’utiliser autrement qu’en simple condiment, c’est redécouvrir une plante que l’on croyait connaître et s’apercevoir qu’elle avait encore beaucoup à dire.
