Vous pensez bien faire en mangeant ces aliments pendant la canicule ? Ils pourraient avoir l’effet inverse

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Quand le thermomètre s’emballe et que la chaleur devient étouffante, on cherche instinctivement à adapter son alimentation.

On attrape ce qui semble frais, léger, désaltérant.

Une glace, une salade de fruits, un grand verre de jus d’orange pressé.

Le réflexe paraît logique, presque évident.

Sauf que certains de ces aliments que l’on croit bénéfiques par temps de forte chaleur travaillent en réalité contre notre organisme.

Ils peuvent accentuer la déshydratation, surcharger la digestion ou encore provoquer des pics de chaleur interne au pire moment.

Voici ce qu’il faut vraiment savoir avant de composer votre prochaine assiette estivale.

Pourquoi l’alimentation joue un rôle clé pendant une vague de chaleur

Le corps humain maintient en permanence une température interne autour de 37°C. Quand la chaleur extérieure monte, il doit redoubler d’efforts pour réguler cette température. Il transpire, il dilate ses vaisseaux sanguins, il mobilise de l’énergie. Cette lutte constante contre la chaleur épuise les réserves en eau, en minéraux et en énergie.

Ce que l’on mange influence directement cette capacité de régulation. Certains aliments facilitent le travail du corps, d’autres l’alourdissent. La digestion elle-même génère de la chaleur corporelle, un phénomène que les nutritionnistes appellent thermogenèse alimentaire. Selon la nature des aliments ingérés, cette production de chaleur interne peut être plus ou moins importante. Par temps de canicule, chaque degré compte.

La viande rouge : un aliment à éviter absolument par forte chaleur

Le barbecue est presque un rituel estival. Pourtant, la viande rouge est l’un des pires choix alimentaires que l’on puisse faire pendant une canicule. Sa digestion est longue, complexe et particulièrement énergivore pour l’organisme. Les protéines animales ont un effet thermique élevé : leur métabolisation produit significativement plus de chaleur que celle des glucides ou des lipides d’origine végétale.

En clair, après un steak ou une côte de bœuf, votre corps va littéralement chauffer de l’intérieur pendant plusieurs heures. Ajoutez à cela la chaleur ambiante, et vous comprenez pourquoi certaines personnes se sentent épuisées, voire mal à l’aise après un repas carné sous 38°C à l’ombre.

Si vous ne pouvez pas vous passer de protéines animales, privilégiez le poisson blanc, les fruits de mer ou la volaille en petites quantités. Leur digestion est plus rapide et leur effet thermique nettement plus modéré.

Les glaces et sorbets : le piège du froid qui réchauffe

C’est sans doute la croyance la plus répandue de l’été. Manger une glace pour se rafraîchir. Le plaisir est réel sur le moment, la sensation de fraîcheur en bouche est indéniable. Mais ce que fait votre corps dans les minutes qui suivent raconte une tout autre histoire.

Une glace industrielle est généralement très sucrée. Ce sucre en grande quantité provoque une réponse insulinique rapide, qui génère à son tour de la chaleur métabolique. Par ailleurs, l’organisme, confronté à l’arrivée soudaine d’un aliment froid, va réagir en produisant de la chaleur pour maintenir sa température interne stable. C’est un mécanisme de compensation automatique.

Résultat : quelques minutes après avoir terminé votre glace, vous risquez de vous sentir encore plus chaud qu’avant. Sans compter que les glaces industrielles contiennent souvent des graisses saturées et des additifs dont la digestion sollicite inutilement votre système digestif déjà mis à rude épreuve par la chaleur.

Une alternative raisonnable reste les sorbets à base de fruits frais, moins sucrés et sans matières grasses, consommés en petite quantité et pas glacés à l’extrême.

L’alcool : un déshydratant redoutable déguisé en boisson de l’été

La bière fraîche en terrasse, le rosé bien frais, le mojito. L’été et l’alcool semblent indissociables dans l’imaginaire collectif. Pourtant, l’alcool est un diurétique puissant. Il inhibe la sécrétion d’une hormone appelée vasopressine, dont le rôle est précisément de limiter les pertes en eau par les reins.

En consommant de l’alcool par forte chaleur, vous perdez donc plus d’eau que vous n’en absorbez, même si votre verre est bien rempli. La déshydratation s’installe progressivement, et avec elle la fatigue, les maux de tête, les vertiges. Ce sont exactement les symptômes qui précèdent un coup de chaleur.

L’alcool dilate les vaisseaux sanguins en surface, ce qui donne une sensation de chaleur supplémentaire et perturbe la capacité naturelle du corps à réguler sa température. En période de canicule, même une consommation modérée d’alcool peut avoir des effets bien plus marqués qu’en temps normal.

Le café et les boissons caféinées : attention à l’effet diurétique

Beaucoup de personnes ne peuvent pas démarrer leur journée sans leur café. Soit. Mais il faut savoir que la caféine, comme l’alcool, a un effet diurétique. Elle stimule les reins et accélère l’élimination de l’eau. Par temps chaud, quand le corps transpire déjà abondamment, rajouter un diurétique dans l’équation n’est pas une bonne idée.

Les boissons énergisantes, très populaires en été, cumulent les problèmes : caféine en grande quantité, sucre, parfois taurine. Elles donnent une illusion d’énergie tout en accélérant la déshydratation et en sollicitant le cœur, déjà soumis à un effort supplémentaire par la chaleur.

Si vous tenez à votre café, limitez-vous à une tasse le matin et compensez avec au moins deux verres d’eau supplémentaires dans la journée.

Les plats épicés : ils font transpirer, mais pas de la bonne façon

Dans certaines cultures, notamment en Inde ou au Mexique, les plats épicés sont consommés même par forte chaleur. L’idée est que la transpiration provoquée par les épices aide à refroidir le corps. Il y a une part de vérité là-dedans, mais le contexte compte énormément.

Dans ces régions, l’alimentation épicée s’accompagne généralement d’une hydratation adaptée et d’habitudes alimentaires construites sur des générations. En France, où les vagues de chaleur sont des événements relativement récents et où les habitudes alimentaires sont différentes, avaler un curry brûlant ou un plat très pimenté pendant une canicule revient à augmenter la chaleur interne sans nécessairement bénéficier de l’effet rafraîchissant escompté.

La capsaïcine, principe actif du piment, provoque effectivement une sudation. Mais si l’air ambiant est trop chaud et trop sec, cette transpiration s’évapore mal et le mécanisme de refroidissement ne fonctionne pas correctement. Vous transpirez davantage, vous perdez plus d’eau et de sels minéraux, sans vous rafraîchir vraiment.

Les jus de fruits industriels : l’hydratation qui n’en est pas vraiment une

Un grand verre de jus d’orange ou de jus de pomme semble être le choix idéal pour se désaltérer. En réalité, les jus de fruits industriels, même ceux estampillés « 100% pur jus », contiennent une quantité de sucre considérable, parfois équivalente à celle d’un soda.

Ce sucre en excès, ingéré rapidement sous forme liquide, provoque une hausse rapide de la glycémie suivie d’une chute tout aussi rapide. Ce yo-yo glycémique génère de la fatigue, des sensations de faiblesse et une impression de soif persistante. Le corps réclame encore, vous buvez encore, et le cycle continue sans que vous soyez réellement bien hydraté.

L’eau reste la seule boisson véritablement hydratante. Pour varier, on peut y ajouter quelques rondelles de concombre, de la menthe fraîche ou un filet de citron. Les eaux riches en minéraux comme le magnésium et le sodium sont particulièrement recommandées pendant les périodes de forte transpiration.

Les aliments ultra-transformés et les plats préparés

Par flemme ou par manque de temps, on attrape facilement un plat préparé au supermarché pendant les grosses chaleurs. Le problème, c’est que ces produits sont souvent très salés. Un excès de sodium oblige les reins à travailler davantage pour l’éliminer, ce qui augmente les pertes en eau.

Paradoxalement, une alimentation trop salée peut aggraver la déshydratation alors même que l’on pense manger quelque chose de pratique et de nourrissant. Les chips, les charcuteries, les plats en sauce industriels sont à consommer avec beaucoup de modération quand les températures grimpent.

Ce que vous devriez vraiment manger pendant une canicule

Maintenant que l’on sait ce qu’il vaut mieux éviter, voici ce que les nutritionnistes et les médecins recommandent réellement pour traverser une vague de chaleur sans épuiser l’organisme :

  • Les légumes à haute teneur en eau : concombre (96% d’eau), courgette, tomate, laitue, céleri. Ils hydratent et apportent des minéraux essentiels.
  • Les fruits frais : pastèque, melon, fraises, pêches. Riches en eau et en potassium, ils aident à compenser les pertes minérales liées à la transpiration.
  • Les légumineuses froides : lentilles, pois chiches en salade. Elles apportent des protéines végétales avec un effet thermique bien plus faible que la viande.
  • Le yaourt nature : il hydrate, apporte du calcium et du potassium, et se digère facilement.
  • Les soupes froides : gaspacho, soupe de concombre. Une excellente façon d’hydrater et de nourrir sans surcharger la digestion.
  • Les céréales complètes en petite quantité : riz complet froid, quinoa. Ils fournissent de l’énergie sans pic glycémique brutal.

L’idée générale est de manger léger, frais et fréquemment plutôt que de prendre de gros repas copieux. Fractionner les prises alimentaires en cinq ou six petites portions dans la journée réduit la thermogenèse alimentaire et soulage le système digestif. Boire régulièrement, sans attendre la sensation de soif, reste le geste le plus important. La soif est déjà un signe de déshydratation légère. Par canicule, il ne faut pas attendre d’en arriver là.

Les personnes les plus vulnérables — personnes âgées, enfants en bas âge, personnes souffrant de maladies chroniques — doivent être particulièrement vigilantes. Chez elles, la déshydratation et le coup de chaleur peuvent survenir plus vite et avoir des conséquences bien plus graves. Un suivi régulier de leur alimentation et de leur hydratation pendant les épisodes caniculaires est indispensable.